16 octobre 2010
8 septembre 2010
21 mai 2010
Si pendant longtemps, ces marques ont dominé le marché, les années 2000 ont vu l'arrivée d'un certain nombre de changement. A l'époque où l'on te juge sur ton lifestyle, où ce que tu bois, mange, écoute, lis, répond à une tendance, les enfants ne pouvaient pas passer entre les mailles. Si ton fils est mal habillé, c'est que tu n'as pas de goût. Les propositions sont devenues plus pertinentes, les marques plurielles, jouant parfois des codes d'adultes, parfois des codes d'enfants.
Il y a d'abord eu la période 'bébé pute' où l'on aimait mettre un tee-shirt à paillettes roses et offrir un sting à sa fille pour ses 6 ans. Les filles prennent la pose façon starlette, une main sur leurs hanches inexistantes. En Baby Dior pour les plus chanceuses ou esprit 'Mini miss' pour les autres.
Rassurez vous, cette période glorieuse de la mode est parfois encore d'actualité grâce à Suri Cruise, ses chaussures à talons et son rouge à lèvres.
Aujourd'hui, deux mouvements dominent le marché en parallèle :
le 'mini me', avec l'esprit de famille à la Comptoir des cotonniers, où l'on s'habille comme sa maman. Ce qui nous a valu la déclinaison de l'intégralité des marques adultes en format enfant et, pour ces dernières, le carton plein en matière de ventes.
Et, les nouvelles marques pour kids, qui mélangent les codes de l'adulte et les références de petits : la forme d'une veste et la couleur qu'on retrouve dans la mode pour grands, le détournement, la malice et les clins d'oeil d'une marque pour petits. Talc, Figer in the Nose, Zef ont changé la donne, BoboChoses, BangBang et Lucky Boy Sunday ont pris la relève, et toutes ont marqué le vrai changement intéressant de ces dernières années.
A cet effet, je ne saurais que trop vous conseiller l'excellent site PetitHood (www.petithood.com) - Comment ça ce blog perd en objectivité ? - .
(cliquez pour agrandi
20 novembre 2009
Internet a rendu si accessible les images et nous permet de récupérer en un clic celles d'un film culte ou celles d'une paire d'escarpins que l'on aimerait acheter, à l'autre bout du monde. Comme si nos esprits devenaient quelque part le moteur de recherche d'un gettyimages, en plus sensitif - quelle image va réussir à exprimer dans le même temps mélancolie + relation amoureuse + envie de voyage ?
Afin de ne pas interférer dans le discours, je ne joindrai pas de photos à ce post.
thanks to : UglySmile
13 novembre 2009
Je sors du Apple Store. Un peu décue, pas assez grand, pas assez flamboyant, pas assez de lumières. Des experts qui n'ont pas l'air assez experts. Une caisse étrange composée d'une table et de 3 pauvres power books. Apple qui joue normalement la carte de la grandiloquence fait dans le petit pour son premier store en France. Mais propose une autre version différente de la marque. Dans un pays pas spécialement accro aux nouvelles technologies, la marque met en avant son côté didactique : quasimment pas de shows de nouveaux appareils, on cède la place à de multiples ateliers. Le mot d'ordre ? L'initiation. Minitables et petits Macs pour enfants, ateliers de formation, de perfectionnement, genius bar pris d'assaut, il semble que plus que de démontrer sa puissance, la marque semble vouloir toucher les français non encore raliés à la marque, faire ressortir son accessibilité et se rendre plus populaire. Une décision assez dans l'air du temps si l'on regarde la nouvelle campagne de son principal concurrent pour le lancement de Windows 7 et son slogan, 'Windows 7, c'est moi'. Apple joue alors aussi la carte de la marque sympa, comme d'habitude, mais en remet une couche sur l'accessible.
6 novembre 2009
J'ai croisé quelques filles, en sortant de chez moi, le week-end dernier. On est samedi après-midi, on a 15 ans, et on retrouve nos copines pour une virée de shopping jusqu'à 18H. Jusque là, tout va bien, rien de bien différent de ce que je faisais quand j'avais leur âge. Si ce n'est, leur look...Que les codes évoluent, évidemment, la question n'est pas là, les tendances influant leur époque, je comprends bien que nos partis-pris stylistiques divergent - que les miens aient disparus a fait plus de bien que de mal à la mode de toutes façons. Non, ce qui me surprend, c'est le classicisme des choses : foulard esprit Hermès, bottines esprit Isabel Marant, veste noire sobre lointainement Balmainisante, sac Longchamp. C'est joli, c'est bien choisi, mais ce n'est ni plus ni moins que ce que porte leur grande soeur ou leur mère. Pas de rébellion, pas de volonté de démarcation, pas de détournement.
Tout ça pour dire que ce livre dresse le portrait de tout ce qui existe mais oublie finalement l'essentiel, ces jeunes filles sans rebellion, qui lisent le même Elle que leur grande soeur, qui suivent la mode sans faire d'excès, qui connaissent déjà les codes et les bons mélanges. Un ami me raconte qu'il se fait aborder par deux filles de 12/13 ans, dans la rue, la semaine dernière. Leur question ? 'Tu sais où est le Marc Jacobs?'.J'ai l'impression qu'il s'agit d'une vraie différence de fond avec mon époque. Tout le monde n'était pas à la mode, loin de là, mais si on m'avait dit que je m'habillais comme ma mère à 14 ans, je l'aurai mal pris. Les vêtements permettaient de se démarquer, de s'affirmer. Les 'tendances' n'étaient pas les mêmes pour les ados et les adultes. Et les filles les plus cools du collège avaient le look de leur âge, certainement pas celui d'une minette de 25 ans qui entre dans la vie professionnelle. 24 septembre 2009
Le fixed gear, j'avais souvent eu envie d'en parler. Et puis, trop tard. Je ne comptais de toutes façons pas disserter sur le sport, mes connaissances en la matière se résumant à ce qu'à peu près tout le monde sait, soit les 4 principes : vélo de piste - rétropédallage - coursiers new yorkais et polo, that's it. Ce qui m'intéressait, c'était à la fois son pouvoir fédérateur mais aussi son engouement soudain, son idée de sport à la mode.
A toute époque, on a eu nos sports cools. Je me rappelle quand sortir avec un surfeur constituait une fin en soit. A Londres, il y a deux ans, c'était la même chose avec le fixed gear, les filles un peu plus jeunes que moi n'envisageaient pas de sortir avec un mec qui n'aurait pas fait de vélo... Parce que, qui dit sport cool dit, garçon qui pratiquent + filles qui font semblant de pratiquer pour intéresser les garçons en achetant tout l'équipement mais qui n'en font jamais. Désolée, loin de moi l'idée de considérer les filles comme des greluches-groupies, mais en toute bonne foi, je vais avoir du mal à dire que les filles et les garcons sont égaux face aux sports à la mode....
Pour cette nouvelle génération, la trotinette semblait être le skate de la mienne. Esprit de groupes, rassemblement, skate parks entre potes (toujours pas de filles sur les rampes, navrée), rien n'avait changé. Figures différentes mais même esprit. A la manière d'une profane, j'ai été demandé à un des garçons si ce sport portait un nom : trottinette. Basiquement.
31 août 2009



28 juin 2009
Il n'y a rien de pire que le blackberry de son interlocuteur pendant une réunion de travail. A une époque où le rendez-vous en face à face n'intervient qu'en dernier recours, quand on aura épuisé toutes les possibilités de mails et de coups de téléphone, c'est toujours un plaisir de prendre 2h pour un point qui aurait pu être reglé en 15 minutes si la vibration permanente ne coupait pas le fil...
Il y a quelques années, quand on n'imaginait pas qu'un jour on aurait des portables qui nous dirait le nom de la musique qui passe dans la rue, j'avais entendu parler d'un hôtel de luxe où les traders américains partant en vacances se faisaient confisquer leur blackberry, stocké au coffre, pour décrocher. Je trouvais ça amusant, un peu exagéré, ça me dépassait qu'on puisse en arriver là.
Le temps a passé depuis...A chaque diner, toujours une personne le téléphone à la main fait vivre la soirée par procuration aux absents.
Je me suis officiellement mise sur Twitter. J'avais l'étrange impression, depuis quelques temps, que lorsque je répondais 'Je ne suis pas sur Twitter', j'étais un peu l'ado de 14 ans qui aurait dit 'Non, je n'ai pas msn'.
Maintenant, je peux savoir que les gens à côté de moi, ceux qui ne me parlent pas, postent au reste du monde qu'ils passent une excellente soirée.
Je ne sais pas quoi penser du phénomène...Une envie passéiste passagère me ferait pencher pour un 'on passe notre temps à se parler en virtuel mais ce ne sont pas des liens réels' et j'observerai avec un peu de regret cette nouvelle génération... Ils ne connaitront pas les coups de fils aux copains pour essayer de retrouver un garçon qu'ils ont vaguement aperçu à une fête ('je chercherai sur facebook'), il n'enverront pas de lettres d'amour ('pourquoi je perdrais deux jours et je paierai un timbre ?'), ne pourront pas se dire 'je coupe les ponts' puisqu'ils pourront savoir ce que fait en temps et en heure ceux qu'ils ne veulent plus voir.Pardon pour les plus jeunes, je vous parle d'un temps, que ceux qui n'ont pas connu le bip du modem qui se connecte, ne peuvent pas connaitre.
Et puis finalement, je me reprends. Je ne suis pas aussi sure que je l'aurai cru du méfait des nouveaux médias sur les relations. J'ai eu des coups de coeur sur des chats, dragué sur msn et quitté par texto. Je n'ai pas eu l'impression que tout ça était moins vrai, que les sentiments et les liens qui me liaient à ces gens, à ces moments, n'était pas aussi intéressants que ceux que j'ai vécu en face. S'il semble qu'il existe encore une hiérarchisation de l'importance que l'on donne au message selon le support utilisé (dans l'ordre : en face à face / lettre / téléphone / mail / texto / facebook / ichat / twitter), jusqu'à quand ? Ceux qui n'ont jamais écrit une lettre n'accorderont jamais plus de crédits à celle-ci qu'un mail bien tourné. Et combien de mots jamais envoyés par la poste alors que s'il avait fallu juste appuyer sur un bouton, ca n'aurait pas été pareil? La multiplication des médiums n'a pas changé la véracité des moments, elle en a juste changé les règles. Et quand bien même ce serait le cas, on n'a déjà plus vraiment le choix.
Tant pis, s'il faut choisir, je crois que je préfère des gens qui disent à tout le monde qu'ils passent un joli moment, même s'ils ne me le disent pas qu'à moi, que ceux qui ne me le diront jamais.

26 mai 2009
Vous connaissez ce nom? Ce sont ces jolis livres, qu'on laisse nonchalamment trainer sur la table basse du salon, ni trop rangés ni trop déclassés, censés supposer aux amis qui pénètrent chez nous qu'on est toujours en train de feuilleter une rétrospective d'un artiste inconnu quand on traine chez soi. Ça vous rappelle quelqu'un ? Moi aussi.Le coffee table book, c'est l'anti-Twilight, Harry Potter et consort, l'anti-livre qu'on a aimé et qu'on ne montre jamais. (Twilight, pour les garçons qui n'ont pas de copines et ne voient donc pas la face cachée de l'iceberg, ça mérite une parenthèse: Histoire d'amour de vampires destinée aux adolescentes midinettes de 15 ans, il a été lu ou vu par la moitié des filles qui vous entourent. Par contre, n'essayez pas de leur en parlez, elles nieront.)
A l'opposé, le Coffee Table Book, on adore l'acheter et le revendiquer mais on a plus de mal à le feuilleter. Il nous fait rêver chez le libraire, on a déjà envie de le dévorer et puis finalement, il ne s'avère pas pratique, pas adapté et on y prend moins de plaisir qu'on ne l'aurait imaginé.
Mais au-delà de ce qu'il conte, c'est ce qu'il signifie qui compte. Le Coffee Table Book, c'est un élément clé du style de vie, chargé de signification et de messages, comme le téléphone portable des années 90/2000. Plus que ce que l'on est, il est souvent le reflet de ce que l'on voudrait être. Loin d'une culture populaire, il est le reflet un élitisme certain. De leur rareté dépend leur valeur : faire de soi un initié.
Comment reconnaitre un bon coffee table book ? Si AD dresse ce mois-ci sa propre sélection, quelques règles sont à respecter :
> Le Coffee Table Book est pointu. S'il s'agit de revendiquer ce que l'on aimerait être, autant en rajouter dans l'élitisme. Comme on souhaiterait connaitre tous les artistes qui montent, passer son temps dans des vernissages et à des concerts parfois incompatibles avec une vie bien remplie, le livre peut au moins 'donner l'illusion que'.
> Le Coffee Table Book est plein d'images. Biensûr, il finira par être lu - enfin approfondi car il a déjà été lu chez le libraire avant d'être acheté - mais il sera surtout regardé. Regardé par tous les invités qui combleront ainsi un moment d'ennui pendant un diner et qui feuilletteront les pages avec un air absorbé. Il doit, de fait, donner l'impression d'être passionnant et intelligent en quelques secondes, pour démontrer immédiatement notre bon goût.> Le Coffee Table Book est étranger. Souvent anglais, quand ce n'est pas japonais ou suedois, peu importe la langue d'un livre qu'on ne lit pas. 2 raisons à cela, étroitement liées aux deux premiers points : soit on ne regarde que les images et dans ce cas, pas besoin de textes ; soit on cherche un ouvrage pointu, et celui-ci n'a pas toujours (jamais ?) été traduit.

> Le Coffee Table Book est rare. Récent ou ancien, la difficulté à le trouver témoigne d'une capacité à chercher (librairies d'initiés ?) ou, dans le cas d'une série limitée, à être au courant avant les autres. Mieux que la dernière paire de baskets annoncées sur la MJC.

> Le Coffee Table Book est sujet à polémique. Un peu de cul, un peu de trash, un peu d'impertinence, il faut aussi parfois qu'il choque ou qu'il surprenne. Qui a envie de passer pour le coincé de service? Un mec nu en couverture et hop, sauvés !
Comme n'importe quel produit de mode, trouver le bon 'It book', c'est placer le baromètre entre deux envies : distinction & imitation. Imitation de son groupe auquel on emprunte les codes, distinction en tentant de se montrer 'mieux que lui' en trouvant toujours plus pointu, plus étrange, plus rare. Un élément de son style qui n'a pas besoin qu'on l'ait lu pour être révélateur de notre personnalité : mélange de notre culture idéale et de goûts propres.
J'étais invitée un jour chez un grand monsieur de la mode. Entre meubles de designers et photos incroyables tronait un ouvrage sur Mario Testino dédicacé et jamais vu ailleurs. On a les Coffee Table Books qu'on peut.
Dis moi ce que tu fais semblant de lire, je te dirais qui tu es.
15 mai 2009
Il y a des marques qui vous restent. Des marques avec lesquelles on a une histoire, un morceau de vie. Un jour, j'avais du me soumettre à cet exercice : choisir une marque et écrire pourquoi je l'aimais. On commence et on se rend vite compte que les premières qui nous viennent, ce ne sont pas pour leurs produits mais pour l'histoire qu'elles nous racontent, ce qu'elles représentent à nos yeux, la façon dont elles nous permettent de nous identifier à un groupe auquel on n'appartient pas nécessairement et l'histoire personnelle que l'on a avec elles.
Je me rappelle que celle que j'avais décrite, je l'avais choisie parce qu'elle me rappelait une période cool de ma vie.
Petit Bateau a une histoire avec celles qui la portent. Si elle me rappelle les filles du collège et leurs 'tu portes du 12 ans ou du 14 ans? HIHIHI', je n'ai pas de liens particuliers avec elle. Mais je ne peux pas m'empêcher de constater qu'elle bénéficie d'une certaine sympathie, mélange de traditions et de souvenirs de petites filles.Et puis, j'ai trouvé qu'elle proposait quelque chose de nouveau. Ca a commencé par les photos avec les mecs de MGMT. Audacieux- ou inconscient? - de prendre un groupe dont le tube dit 'I'll move to Paris, shoot some heroin, and fuck with the stars. You man the island and the cocaine and the elegant cars' pour illustrer la marque des enfants, des filles-enfants et des mamans. Encore plus intelligent de ne pas le signifier pas un 'WOUWOU, regardez qui on a pris' sur la photo mais de laisser le buzz agir. Et puis là, la collaboration avec Kitsuné. J'ignore si l'idée vient d'un bureau de consulting ou a germé en interne mais elle est vraiment bonne. Une cohérence parfaite qui apporte du pointu à Petit Bateau et qui popularise Kitsuné, pas mal. Avec l'ouverture d'une boutique spécialement dédiée à l'adulte, je me disais véritablement que Petit Bateau amorçait un tournant intéressant.
2 mai 2009
Les londoniens ont un look. Particulier, pointu, audacieux, qui vaut à la ville une réputation spéciale, ni volée, ni exagérée. La mode à Londres se diffuse comme une trainée de poudre.
A chaque voyage, la même conclusion. Les tendances sont adoptées rapidement, mais surtout, massivement. Dès qu'un nouveau mouvement voit le jour, les modeux se l'approprient tous, tout de suite. Loin d'un consensus mou et d'une diffusion en cascade tranquille.
La radicalité des mouvements peut donner de l'extérieur l'impression qu'ils sont anecdotiques. La presse internationale s'est amusée pendant des mois des looks d'Agyness Deyn, mettant en avant son style TELLEMENT personnel, alors qu'il s'agit de celui de toutes les minettes de Shoreditch, ni plus, ni moins. Il était plus compréhensible pour certains de le faire passer pour un déguisement plutôt que de se rendre compte qu'il s'agissait de la tenue de tous les jours de centaines de londoniennes.Pour les adeptes du savant mélange de fripes et d'extravagance, Londres a toujours fait figure de précurseur, initiateur de nouveau looks.
Du moins, c'est l'impression que j'avais, jusqu'à la semaine dernière.
Assise dans London Field, le parc qui longe le bobo-branché Broadway Market, je regardais les groupes de jeunes assis autour de moi. Le mélange pas très hétéroclite de ce repère de londonniens faisant un break entre la sortie de la veille et le prochaine after se révela un poste d'observation idéal.
Et là, pas de surprises, pas de nouveautés, pas de nouveaux looks. Les filles portent toujours des slims (donc un étrange legging sur lequel sont dessinées des coutures pour faire croire à un jean ultra-moulant), les tops sont rétros et les accessoires pour cheveux pullulent. Ca rappelait simplement un croisement entre Amy Winehouse & Agyness Denn. Rien de nouveau depuis de nombreux mois.
Toute à ma hate de déclarer que Londres devenait ringard, je me suis tout de même retenue. Face au ralentissement du phénomène des tendances, face au luxe bling-bling qui s'efface devant les marques Hermes-isantes, loin de la fast fashion, loins des hits bags, ces filles habillées comme 1 an auparavant avaient-elles un temps de retard ou un temps d'avance ?
29 avril 2009
Il existe un lien particulier entre les garçons et les chemises. Un lien étrange, quasi mystique. Loin des filles décomplexées qui passent sans sourciller de la micro-jupe au boyfriend jean, il semble que la chemise pour le garçon soit entourée d'un aura particulier, une sorte de respect bienveillant.
Quand ils sont petits, ils les aiment et les détestent à la fois. C'est l'habit du dimanche, celui que la méchante maman les force à mettre pour la communion du cousin pas très sympa, la chemise pas pratique qui serre au poignet, dans laquelle on se sent engoncé, pataud, pas vraiment soi. Mais il y a du respect aussi, de la fierté. C'est l'habit de papa alors on tente d'y faire attention . Pour beaucoup d'enfants de notre génération, la chemise c'est la tenue des pères : plus ou moins formelle, plus ou moins débraillée, plus ou moins colorée, plus ou moins proche d'un polo ou de plus ou moins de bon goût. Il n'empêche, la chemise c'est leur tenue, on a l'impression qu'ils l'ont toujours portée.Et puis ils grandissent un peu, deviennent ado. La chemise porte en elle une symbolique liée au père, au respect, au pouvoir : ceux qui cherchent à s'en distinguer la dédaignent, ceux qui cherchent à imiter l'adoptent : un substitut de crédibilité. C'est toujours amusant de voir les étudiants en école de commerce pour ça, les jours où ils ont des oraux. Le costume-chemise-cravate devient obligatoire et ils ont l'air gauches, ces garçons déguisés en mini-banquiers dans des vestes trop larges aux épaules, empruntées à leur père ou à leur grand frère. Les seuls qui portent parfaitement la chemise au quotidien dès l'adolescence, ce sont les fils à papa des quartiers huppés. Les preppy boys au sens premier du terme. Pour eux, la chemise est très tôt comme une seconde peau, mais pour la même raison : ressembler à papa. On l'accessoirise d'une montre de luxe et on fume des cigares et hop, on est déjà un peu plus crédible.
Il faut voir le mythe qui entoure la chemise. Par elle, le garçon jeune ou mal à l'aise s'achète une légitimité. En banlieue, les mecs ont l'habitude de ça : pour rentrer en club, pour être 'chic', il n'y a que la chemise comme alternative.
Enfin, un jour, elle arrête de devenir un déguisement. D'abord par une qui s'inscrit comme un complément du look, sans changement trop radical. Une matière agréable, un imprimé à carreaux, un détail amusant : on la met plus souvent, elle perd de son côté exceptionnel pour devenir un objet du quotidien. On ose même la déclinaison classique. Elle ne rappelle plus son père, elle est familière. Et comme elle permet plus de déclinaisons que les classiques tee-shirt et polos, une expression plus personnelle, on finit par l'adopter.
Tiffany Buathier © Felix Larher
L'autre jour, je dinais avec un groupe de garçons. J'en connaissais certains depuis assez longtemps pour les avoir vu porter en permanence des variantes du tee-shirt. Tous avaient une personnalité suffisamment affirmée pour pouvoir assumer sans problème un parti-pris stylistique personnel. Et bien non, la chemise classique se déclinait ici aussi du bleu jean au bleu clair. Pas un n'a dérogé à la règle.
On se dit que c'est la mode qui veut ça, on le met sur le compte d'une tendance aux preppy boys. Surement, mais finalement ça y est, quoi qu'il arrive, quelles que soient les tendances futures, elle fait désormais partie intégrante de leur vestiaire. Comme leur père, il ne sont pas nés avec, ils l'ont adoptée à petits pas.
Et si finalement ils avaient juste fini d'être des garçons ? L'un d'eux m'a dit qu'il s'était fait aborder par un garçon plus jeune, habillé comme lui il y a 1 an et il lui a fait cette remarque : 'Tu t'habilles en adulte maintenant?'.
21 avril 2009
Dans les immanquables culturels de l'année 2009 figurait définitivement l'exposition 'Le Grand Monde d'Andy Warhol', actuellement au Grand Palais. On affronte la queue et on y va, attendant de voir.
Consacrée aux portraits mythiques réalisés par l'artiste, des centaines de sérigraphies couvrent les murs. Des œuvres que l'on a vu 1000 fois et là ce sont les authentiques...
Je m'attends à être touchée, impressionnée, comme ça avait pu déjà être le cas en voyant pour la 1ère fois une oeuvre aperçue jusqu'à lors seulement en reproduction. Et étonnamment, l'effet n'est pas stupéfiant.
Je me balade, c'est sympa, mais je suis pas bluffée non plus, je ne comprends pas vraiment pourquoi. Jusqu'à une remarque anodine, tournée sous forme de plaisanterie, de celui qui m'accompagne 'Trop vu dans D&CO'. Et je me rends compte que c'est ça en fait qui me gêne : trop vu, au mauvais sens du terme.
On a tellement vu le principe grossièrement repris, dans des toiles pour décorer les salons de Valérie Damidot, déclinant les enfants, le mari et la femme en impression warhol ou dans des mugs et calendriers... Alors biensûr, c'est différent, mais ça gache tout de même l'effet : on a du mal à être encore saisis, surpris.
Finalement, venue pour les sérigraphies, je me retrouve beaucoup plus touchée par les oeuvres moins connues. Une préférence pour les autoportraits en travesti et les photos diverses ou, lorsque pour Ethel Scull ou Debbie Harry par exemple, on décrypte le procédé : de la photo de base à l'oeuvre finale.
Mais ce qui demeure réellement incroyable, c'est la liste des personnalités représentées. L'exposition porte bien son nom, on voit ici le grand monde qui entourait de près ou de loin Andy Warhol, et tous ces personnages devenues des icônes encore vivantes dans notre culture populaire. Un peu comme si dans 50 ans, vous regardiez un album photo de vos rencontres de vie et qu'il n'y avait que les mythes qui ont marqué l'histoire de votre époque. Vertigineux.
Finalement, comme souvent, ce qu'on retiendra de Warhol c'est le mythe plus que l'oeuvre, studio 54, Factory, décadences et célébrités. Et alors ? A l'heure où certains artistes font de leur vie leur oeuvre, il aura encore été précurseur.
Et pour enfoncer le clou sur ce dernier adjectif : "Tous mes portraits doivent avoir le même format pour qu’ils tiennent tous ensemble et finissent par former un seul grand tableau intitulé Portrait de la société. Bonne idée, non ? Peut-être que le Metropolitan Museum voudra l’acquérir un jour ". Bien vu.
12 avril 2009
Que celui qui ne s'est jamais retrouvé les bras ballants devant ses 3 poubelles avec un pot de yaourt sale dans la main à se demander si ça allait dans 'recyclage' ou 'ordures ménagères' me jette la première pierre.
Je suis un pur produit de la nouvelle génération green et comme beaucoup d'autres, c'est le fait qu'on ait glamourisé l'écolo qui me l'a rendu excitant. Plus élevée au jambon-coquillettes qu'au boulghour-soja, je suis de ceux dont l'éducation écologique et la consommation biologique s'est fait à coups d''Une vérité qui dérange' et de magazines. Dieu sait donc qu'il me reste à apprendre.
C'est bizarre mais depuis que ma conscience s'est eveillée, j'ai l'impression que je suis toujours en attente. En attente qu'on me propose des vraies idées, quotidiennes, pour apporter ma modeste contribution. Alors ok pour les lumières et pour la douche mais à part ça ? Elles sont où les grandes innovations des designers qui inventent des produits qui allieront écologie à une consommation contemporaine et abordable ? On n'a jamais eu tant besoin d'eux mais pour l'instant on piétine un peu autour de l'anecdotique.
Les prises coupe-veille, les éoliennes à domicile, les voitures sans émissions de CO2 tout ça, ça me fait rêver mais où, quand, combien, comment ça marche ?
L'année dernière, avec quelques amis, nous étions invités à intervenir auprès d'une grande marque d'automobile française sur la voiture de demain. On a parlé innovation et fait de grandes théories sur ce qu'il adviendra... Puis vous entendez au détour d'un couloir 'On fera des voitures vertes quand les consommateurs en demanderont' - Pardon ? Vous n'aviez pas un studio consacré à la prospective déjà ?
Quand on fait un tour dans certaines villes, c'est l'accessibilité et la facilité à avoir une démarche éco-consciente qui bluffe. Que ce soit les poubelles de Berlin qui fonctionnent toujours par 4, les supermarchés Whole Food à New York, et je ne parle pas des pays scandinaves, Paris ne saurait plus où se mettre. Vous avez déjà tenté en France de trouver une poubelle à tri sélectif ? Essayez, c'est assez rigolo.
La production et la distribution de produits quotidiens ne suivent pas l'évolution des mentalités. Si rien n'est accessible, si rien ne s'adapte à nos modes de vie, à quoi ca sert ?
Et en relisant le Elle Special Green il me semble qu'il y ait un décalage profond avec la réalité.
Exemples en vrac de ce qui, selon eux, peut faire évoluer les choses
' On relooke les draps en linge vintage avec une teinture végétale'
' On achète des draps en chanvre'
' On fait un coffee-table book avec de belles revues écolo comme 'Le Mook' ou encore 'Canopée'' - mon préféré
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