6 novembre 2009

LES FILLES DE CET AGE

J'ai croisé quelques filles, en sortant de chez moi, le week-end dernier. On est samedi après-midi, on a 15 ans, et on retrouve nos copines pour une virée de shopping jusqu'à 18H. Jusque là, tout va bien, rien de bien différent de ce que je faisais quand j'avais leur âge. Si ce n'est, leur look...Que les codes évoluent, évidemment, la question n'est pas là, les tendances influant leur époque, je comprends bien que nos partis-pris stylistiques divergent - que les miens aient disparus a fait plus de bien que de mal à la mode de toutes façons. Non, ce qui me surprend, c'est le classicisme des choses : foulard esprit Hermès, bottines esprit Isabel Marant, veste noire sobre lointainement Balmainisante, sac Longchamp. C'est joli, c'est bien choisi, mais ce n'est ni plus ni moins que ce que porte leur grande soeur ou leur mère. Pas de rébellion, pas de volonté de démarcation, pas de détournement.



J'ai acheté un livre l'autre jour, le dictionnaire du look - je vous prie de vous arrêter une seconde sur le nom si bien choisi. Il ressemble à une version ratée de 'Streetstyles', le livre de Ted Polhemus sorti à l'occasion d'une exposition à Londres dans les 90's consacrée aux différents socio-styles (j'aurais dit 'tribus', y'a quelques années, mais même les mots se démodent alors...). Il dressait le portrait de différents groupes identitaires, souvent fondés autour de la musique : Mod's, Skinheads, Rockers... en s'arrêtant non seulement sur leur look, mais surtout sur leurs fondements et leurs valeurs partagées. Le dictionnaire du look propose lui de dresser un état des lieux des nouvelles identités : Fluokids, Emo, Electro rock...en décryptant leurs idées de manière caricaturale et en portant en plus un jugement de valeur. (J'ai une passion pour les gens qui prennent de haut tout ce qui a trait à la mode mais qui prennent quand même la peine d'écrire un livre dessus).

Tout ça pour dire que ce livre dresse le portrait de tout ce qui existe mais oublie finalement l'essentiel, ces jeunes filles sans rebellion, qui lisent le même Elle que leur grande soeur, qui suivent la mode sans faire d'excès, qui connaissent déjà les codes et les bons mélanges. Un ami me raconte qu'il se fait aborder par deux filles de 12/13 ans, dans la rue, la semaine dernière. Leur question ? 'Tu sais où est le Marc Jacobs?'.J'ai l'impression qu'il s'agit d'une vraie différence de fond avec mon époque. Tout le monde n'était pas à la mode, loin de là, mais si on m'avait dit que je m'habillais comme ma mère à 14 ans, je l'aurai mal pris. Les vêtements permettaient de se démarquer, de s'affirmer. Les 'tendances' n'étaient pas les mêmes pour les ados et les adultes. Et les filles les plus cools du collège avaient le look de leur âge, certainement pas celui d'une minette de 25 ans qui entre dans la vie professionnelle. 

 Peut-on construire son identité vestimentaire sans fausse note, dans la copie très qualibrée? Chacun de ceux de ma génération ont des souvenirs précis de leur plus violent parti-pris stylistique. Je ne saurais pas comment m'habiller si je n'avais pas eu tant de fautes de goûts. Mes looks sont comme des souvenirs, des marqueurs dans mon histoire, il s'en est passé des trucs entre mes cheveux noirs et mon blond actuel, tout un tas d'étapes. Je ressemblerai à quoi si je ne les avait pas eu ?

24 septembre 2009

LES FILLES AIMERONT LES GARÇONS QUI FONT DE LA TROTTINETTE.

Le fixed gear, j'avais souvent eu envie d'en parler. Et puis, trop tard. Je ne comptais de toutes façons pas disserter sur le sport, mes connaissances en la matière se résumant à ce qu'à peu près tout le monde sait, soit les 4 principes : vélo de piste - rétropédallage - coursiers new yorkais et polo, that's it. Ce qui m'intéressait, c'était à la fois son pouvoir fédérateur mais aussi son engouement soudain, son idée de sport à la mode.




Comme pour le skate-board et toutes les déclinaisons de sports de glisse, ce sont leurs racines subversives qui attirent d'abord ceux qui les pratiquent. Issus du détournement, du bricolage, on emprunte les codes d'un sport, les équipements d'un autre, on change les supports et on mélange les règles. Un patchwork d'idées et de lois, ces activités ne donnent pas l'impression d'avoir été rédigées par des fédérations ampoulées, elles évoluent. Et ceux qui les pratiquent participent quelque part à en éditer les premières règles, posent les premières idées, les bases sur lesquels ces sports se construiront.

A toute époque, on a eu nos sports cools. Je me rappelle quand sortir avec un surfeur constituait une fin en soit.  A Londres, il y a deux ans, c'était la même chose avec le fixed gear, les filles un peu plus jeunes que moi n'envisageaient pas de sortir avec un mec qui n'aurait pas fait de vélo... Parce que, qui dit sport cool dit, garçon qui pratiquent + filles qui font semblant de pratiquer pour intéresser les garçons en achetant tout l'équipement mais qui n'en font jamais. Désolée, loin de moi l'idée de considérer les filles comme des greluches-groupies, mais en toute bonne foi, je vais avoir du mal à dire que les filles et les garcons sont égaux face aux sports à la mode....


La génération suivante a aussi ses codes. La semaine dernière j'étais à une brocante en banlieue, et il y avait un vieux skate park dans un coin - mes histoires de surfeurs à 15 ans + le récit de mon week-end, ce post prend une tournure beaucoup trop 'hier-j'ai-mangé-du-chocolat-c'était-sympa' à mon goût, mais tant pis... Il était pris d'assaut par des enfants de 10 ans, tous sur une trotinette. Pour moi, la trottinette restait l'objet ultime qui avait eu son petit sursaut d'intérêt il y a quelques années et qui était désormais l'accessoire des banquiers ennuyeux mais-regarde-je-suis-fun-je-fais-de-la-trotinette. Apparemment, j'étais à côté de la plaque.



Pour cette nouvelle génération, la trotinette semblait être le skate de la mienne. Esprit de groupes, rassemblement, skate parks entre potes (toujours pas de filles sur les rampes, navrée), rien n'avait changé.  Figures différentes mais même esprit. A la manière d'une profane, j'ai été demandé à un des garçons si ce sport portait un nom : trottinette. Basiquement.
Ce sport n'est sûrement pas nouveau mais combien de temps ceux avant lui ont mis pour émerger ? Au-delà de la presse spécialisée, personne n'en a parlé, pas d'articles, pas de photos... Alors que les magazines décryptent seulement l'engouement pour le vélo, des petits garçons dans les rues sont déjà passés à autre chose et érigent les bases d'un autre sport.

J'ai fait une petite enquête sur youtube (excellent outil d'études statistiques)
la vidéo de skate la plus vue : 13.604.267 vues
la vidéo de fixed la plus vue : 830.806 vues
la vidéo de razor scooter (l'autre nom de trottinette) la plus vue : 87.210 vues

Dix fois moins que le vélo, dont le grand public commence à parler. Wait and See.

31 août 2009

CET HIVER, LA MODE SERA AUX 00's

Le revival 90's...on le sent poindre depuis quelques mois, à petits pas, déjà un peu dans l'air, une paire de Timberland par ici, un jean troué par là... Alors on va être repartis, comme à chaque saison, pour des parutions presse sur 'la mode c'est cyclique' et patati et patata. 
C'est fou comme la mode, comme tous les sujets pas sérieux que certains prendront toujours de haut - 'Tu fais des études dans la Mode ? Tu veux être vendeuse? - ca se prête immanquablement aux phrases toutes faites et aux schémas simplistes. 

La mode, c'est le reflet d'un instant de la société, un marqueur temporel. Quand on regardera des photos de nous petits, qu'est ce qui nous permettra de les dater ? Nos taches de rousseurs ? Notre air innocent ? Non, nos coupes de cheveux, nos mauvais chouchous, nos sneakers et nos looks - ah, quel joli souvenir de cette photo de classe où je trone en caleçon-tee-shirt all-over à cerises- mais aussi les voitures qui nous entoureront et les portables que l'on aura dans la main.
C'est la mode qui figera dans le temps nos souvenirs et notre époque. 

Les mouvements de fond, les socio-styles, les punks ou les mods n'avait de raison d'être que dans la société dans laquelle ils vivaient, leurs revendications n'avaient de légitimité que face au monde dans lequel ils évoluaient.
Crise financière = limites du capitalisme = retour aux valeurs solidaires = hippies. CQFD. Un peu simpliste comme schéma non ? Nos préoccupations n'ont rien à voir, nos armes pour y répondre non plus. Nos inquiétudes, nos rêves, notre passé, nos référents, ne sont pas les mêmes qu'il y a 10, 20 ou 30 ans. Nos looks ne peuvent pas raconter la même chose.

Liberty X Hermès

Alors, biensur, on reprend des codes stylistiques : des robes Liberty, des épaulettes, des boots Doc Marteens ou des parkas, marqueurs forts d'une période. Mais on les réadapte. Toujours. Nécessairement. On retravaille les formes, pour les adapter aux nouveaux goûts On mixe, on croise les genres. On ne confondra jamais une photo de nous portant un look 80's avec celle d'une 'authentique' de l'époque.
Mais surtout, on n'a pas la même démarche en les consommant.
Trouver des Doc Marteens chez Comptoir des Cotonniers, ca change un peu la symbolique. 


Comptoir des Cotonniers / AW 2009-2010

Dire que la mode est cyclique, c'est simplement ne pas parler de mode, mais de tendances stylistiques, de vêtements seulement. Et c'est aussi, sans doute, sous-estimer un peu son importance.

28 juin 2009

BLACKBERRY, TWITTER ET LA VRAIE VIE

Il n'y a rien de pire que le blackberry de son interlocuteur pendant une réunion de travail. A une époque où le rendez-vous en face à face n'intervient qu'en dernier recours, quand on aura épuisé toutes les possibilités de mails et de coups de téléphone, c'est toujours un plaisir de prendre 2h pour un point qui aurait pu être reglé en 15 minutes si la vibration permanente ne coupait pas le fil...

Il y a quelques années, quand on n'imaginait pas qu'un jour on aurait des portables qui nous dirait le nom de la musique qui passe dans la rue, j'avais entendu parler d'un hôtel de luxe où les traders américains partant en vacances se faisaient confisquer leur blackberry, stocké au coffre, pour décrocher. Je trouvais ça amusant, un peu exagéré, ça me dépassait qu'on puisse en arriver là.

Le temps a passé depuis...A chaque diner, toujours une personne le téléphone à la main fait vivre la soirée par procuration aux absents.
Je me suis officiellement mise sur Twitter. J'avais l'étrange impression, depuis quelques temps, que lorsque je répondais 'Je ne suis pas sur Twitter', j'étais un peu l'ado de 14 ans qui aurait dit 'Non, je n'ai pas msn'.
Maintenant, je peux savoir que les gens à côté de moi, ceux qui ne me parlent pas, postent au reste du monde qu'ils passent une excellente soirée.

Je ne sais pas quoi penser du phénomène...Une envie passéiste passagère me ferait pencher pour un 'on passe notre temps à se parler en virtuel mais ce ne sont pas des liens réels' et j'observerai avec un peu de regret cette nouvelle génération... Ils ne connaitront pas les coups de fils aux copains pour essayer de retrouver un garçon qu'ils ont vaguement aperçu à une fête ('je chercherai sur facebook'), il n'enverront pas de lettres d'amour ('pourquoi je perdrais deux jours et je paierai un timbre ?'), ne pourront pas se dire 'je coupe les ponts' puisqu'ils pourront savoir ce que fait en temps et en heure ceux qu'ils ne veulent plus voir.
Pardon pour les plus jeunes, je vous parle d'un temps, que ceux qui n'ont pas connu le bip du modem qui se connecte, ne peuvent pas connaitre.

Et puis finalement, je me reprends. Je ne suis pas aussi sure que je l'aurai cru du méfait des nouveaux médias sur les relations. J'ai eu des coups de coeur sur des chats, dragué sur msn et quitté par texto. Je n'ai pas eu l'impression que tout ça était moins vrai, que les sentiments et les liens qui me liaient à ces gens, à ces moments, n'était pas aussi intéressants que ceux que j'ai vécu en face. S'il semble qu'il existe encore une hiérarchisation de l'importance que l'on donne au message selon le support utilisé (dans l'ordre : en face à face / lettre / téléphone / mail / texto / facebook / ichat / twitter), jusqu'à quand ? Ceux qui n'ont jamais écrit une lettre n'accorderont jamais plus de crédits à celle-ci qu'un mail bien tourné. Et combien de mots jamais envoyés par la poste alors que s'il avait fallu juste appuyer sur un bouton, ca n'aurait pas été pareil? La multiplication des médiums n'a pas changé la véracité des moments, elle en a juste changé les règles. Et quand bien même ce serait le cas, on n'a déjà plus vraiment le choix.

Tant pis, s'il faut choisir, je crois que je préfère des gens qui disent à tout le monde qu'ils passent un joli moment, même s'ils ne me le disent pas qu'à moi, que ceux qui ne me le diront jamais.




26 mai 2009

COFFEE TABLE BOOKS

Vous connaissez ce nom? Ce sont ces jolis livres, qu'on laisse nonchalamment trainer sur la table basse du salon, ni trop rangés ni trop déclassés, censés supposer aux amis qui pénètrent chez nous qu'on est toujours en train de feuilleter une rétrospective d'un artiste inconnu quand on traine chez soi. Ça vous rappelle quelqu'un ? Moi aussi.

Le coffee table book, c'est l'anti-Twilight, Harry Potter et consort, l'anti-livre qu'on a aimé et qu'on ne montre jamais. (Twilight, pour les garçons qui n'ont pas de copines et ne voient donc pas la face cachée de l'iceberg, ça mérite une parenthèse: Histoire d'amour de vampires destinée aux adolescentes midinettes de 15 ans, il a été lu ou vu par la moitié des filles qui vous entourent. Par contre, n'essayez pas de leur en parlez, elles nieront.)

A l'opposé, le Coffee Table Book, on adore l'acheter et le revendiquer mais on a plus de mal à le feuilleter. Il nous fait rêver chez le libraire, on a déjà envie de le dévorer et puis finalement, il ne s'avère pas pratique, pas adapté et on y prend moins de plaisir qu'on ne l'aurait imaginé.

Mais au-delà de ce qu'il conte, c'est ce qu'il signifie qui compte. Le Coffee Table Book, c'est un élément clé du style de vie, chargé de signification et de messages, comme le téléphone portable des années 90/2000. Plus que ce que l'on est, il est souvent le reflet de ce que l'on voudrait être. Loin d'une culture populaire, il est le reflet un élitisme certain. De leur rareté dépend leur valeur : faire de soi un initié.

Comment reconnaitre un bon coffee table book ? Si AD dresse ce mois-ci sa propre sélection, quelques règles sont à respecter :

> Le Coffee Table Book est pointu. S'il s'agit de revendiquer ce que l'on aimerait être, autant en rajouter dans l'élitisme. Comme on souhaiterait connaitre tous les artistes qui montent, passer son temps dans des vernissages et à des concerts parfois incompatibles avec une vie bien remplie, le livre peut au moins 'donner l'illusion que'.

> Le Coffee Table Book est plein d'images. Biensûr, il finira par être lu - enfin approfondi car il a déjà été lu chez le libraire avant d'être acheté - mais il sera surtout regardé. Regardé par tous les invités qui combleront ainsi un moment d'ennui pendant un diner et qui feuilletteront les pages avec un air absorbé. Il doit, de fait, donner l'impression d'être passionnant et intelligent en quelques secondes, pour démontrer immédiatement notre bon goût.

> Le Coffee Table Book est étranger. Souvent anglais, quand ce n'est pas japonais ou suedois, peu importe la langue d'un livre qu'on ne lit pas. 2 raisons à cela, étroitement liées aux deux premiers points : soit on ne regarde que les images et dans ce cas, pas besoin de textes ; soit on cherche un ouvrage pointu, et celui-ci n'a pas toujours (jamais ?) été traduit.




> Le Coffee Table Book est rare. Récent ou ancien, la difficulté à le trouver témoigne d'une capacité à chercher (librairies d'initiés ?) ou, dans le cas d'une série limitée, à être au courant avant les autres. Mieux que la dernière paire de baskets annoncées sur la MJC.





> Le Coffee Table Book est sujet à polémique. Un peu de cul, un peu de trash, un peu d'impertinence, il faut aussi parfois qu'il choque ou qu'il surprenne. Qui a envie de passer pour le coincé de service? Un mec nu en couverture et hop, sauvés !



Comme n'importe quel produit de mode, trouver le bon 'It book', c'est placer le baromètre entre deux envies : distinction & imitation. Imitation de son groupe auquel on emprunte les codes, distinction en tentant de se montrer 'mieux que lui' en trouvant toujours plus pointu, plus étrange, plus rare. Un élément de son style qui n'a pas besoin qu'on l'ait lu pour être révélateur de notre personnalité : mélange de notre culture idéale et de goûts propres.

J'étais invitée un jour chez un grand monsieur de la mode. Entre meubles de designers et photos incroyables tronait un ouvrage sur Mario Testino dédicacé et jamais vu ailleurs. On a les Coffee Table Books qu'on peut.
Dis moi ce que tu fais semblant de lire, je te dirais qui tu es.

15 mai 2009

DE L'INCOHÉRENCE DES MARQUES

Il y a des marques qui vous restent. Des marques avec lesquelles on a une histoire, un morceau de vie. Un jour, j'avais du me soumettre à cet exercice : choisir une marque et écrire pourquoi je l'aimais. On commence et on se rend vite compte que les premières qui nous viennent, ce ne sont pas pour leurs produits mais pour l'histoire qu'elles nous racontent, ce qu'elles représentent à nos yeux, la façon dont elles nous permettent de nous identifier à un groupe auquel on n'appartient pas nécessairement et l'histoire personnelle que l'on a avec elles.
Je me rappelle que celle que j'avais décrite, je l'avais choisie parce qu'elle me rappelait une période cool de ma vie.

Petit Bateau a une histoire avec celles qui la portent. Si elle me rappelle les filles du collège et leurs 'tu portes du 12 ans ou du 14 ans? HIHIHI', je n'ai pas de liens particuliers avec elle. Mais je ne peux pas m'empêcher de constater qu'elle bénéficie d'une certaine sympathie, mélange de traditions et de souvenirs de petites filles.

Et puis, j'ai trouvé qu'elle proposait quelque chose de nouveau. Ca a commencé par les photos avec les mecs de MGMT. Audacieux- ou inconscient? - de prendre un groupe dont le tube dit 'I'll move to Paris, shoot some heroin, and fuck with the stars. You man the island and the cocaine and the elegant cars' pour illustrer la marque des enfants, des filles-enfants et des mamans. Encore plus intelligent de ne pas le signifier pas un 'WOUWOU, regardez qui on a pris' sur la photo mais de laisser le buzz agir. Et puis là, la collaboration avec Kitsuné. J'ignore si l'idée vient d'un bureau de consulting ou a germé en interne mais elle est vraiment bonne. Une cohérence parfaite qui apporte du pointu à Petit Bateau et qui popularise Kitsuné, pas mal. Avec l'ouverture d'une boutique spécialement dédiée à l'adulte, je me disais véritablement que Petit Bateau amorçait un tournant intéressant.

MGMT pour Petit Bateau

Je passe à côté d'une boutique hier, intriguée. Entrée, je déchante un peu : quelques cotons plus légers mais toujours des débardeurs moulants dos nageur et autres, pas de quoi fantasmer. Je demande à la vendeuse où se trouvent les tee-shirts issus de la collaboration avec Kitsuné, imaginant déjà qu'il n'en reste plus un seul, pris d'assaut par des hordes de modeux et là, la réponse : 'On les expose pas, ils sont derrière, vous voulez voir lequel?'. Blague. Ils s'offrent un partenariat avec une excellente marque qui leur a valu plus d'encarts presse que tout ce qu'ils avaient fait ces dernières années et ils la rangent dans le placard du fond.

Kitsuné pour Petit Bateau

C'est le grand drame des marques, toujours vouloir faire plus pointu et plus jeune, alors qu'il existe un marché considérable pour les pas pointus et les pas jeunes. Mais s'ils veulent en faire, cela doit être cohérent à toutes les étapes, du plus amont au magasin. Moi qui n'avait jamais eu une idée très précise de l'importance du retail, je l'ai vu là de façon flagrante. Faites ce que vous voulez, si le magasin ne suit pas, cela ne sert à rien. A retenir.

2 mai 2009

LE SLIM EST A LA MODE

Les londoniens ont un look. Particulier, pointu, audacieux, qui vaut à la ville une réputation spéciale, ni volée, ni exagérée. La mode à Londres se diffuse comme une trainée de poudre.
A chaque voyage, la même conclusion. Les tendances sont adoptées rapidement, mais surtout, massivement. Dès qu'un nouveau mouvement voit le jour, les modeux se l'approprient tous, tout de suite. Loin d'un consensus mou et d'une diffusion en cascade tranquille.

La radicalité des mouvements peut donner de l'extérieur l'impression qu'ils sont anecdotiques. La presse internationale s'est amusée pendant des mois des looks d'Agyness Deyn, mettant en avant son style TELLEMENT personnel, alors qu'il s'agit de celui de toutes les minettes de Shoreditch, ni plus, ni moins. Il était plus compréhensible pour certains de le faire passer pour un déguisement plutôt que de se rendre compte qu'il s'agissait de la tenue de tous les jours de centaines de londoniennes.


Pour les adeptes du savant mélange de fripes et d'extravagance, Londres a toujours fait figure de précurseur, initiateur de nouveau looks.
Du moins, c'est l'impression que j'avais, jusqu'à la semaine dernière.

Assise dans London Field, le parc qui longe le bobo-branché Broadway Market, je regardais les groupes de jeunes assis autour de moi. Le mélange pas très hétéroclite de ce repère de londonniens faisant un break entre la sortie de la veille et le prochaine after se révela un poste d'observation idéal.
Et là, pas de surprises, pas de nouveautés, pas de nouveaux looks. Les filles portent toujours des slims (donc un étrange legging sur lequel sont dessinées des coutures pour faire croire à un jean ultra-moulant), les tops sont rétros et les accessoires pour cheveux pullulent. Ca rappelait simplement un croisement entre Amy Winehouse & Agyness Denn. Rien de nouveau depuis de nombreux mois.

Toute à ma hate de déclarer que Londres devenait ringard, je me suis tout de même retenue. Face au ralentissement du phénomène des tendances, face au luxe bling-bling qui s'efface devant les marques Hermes-isantes, loin de la fast fashion, loins des hits bags, ces filles habillées comme 1 an auparavant avaient-elles un temps de retard ou un temps d'avance ?